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Puits communal de Buchy à Buchy (76)

 

Autres petits patrimoines dans le département 76
(Seine Maritime)

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A Belbeuf, Le pigeonnier de Belbeuf


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A Rouen, Fontaine Saint-Romain



Département : Seine Maritime
Arrondissement : Rouen
Canton : Buchy
Rubrique : Eau - Puits et fontaine
Code postal : 76750
Date de dépôt : 24/07/2015



L’EAU, un mot simple de trois lettres dans le vocabulaire français, mais un élément capital et vital pour l’homme. Source de vie, elle compose près de 60% du corps humain et recouvre 70 % de la surface du globe ! Depuis des temps immémoriaux, les sources font l’objet de cultes ; cette importance n’a donc pas échappé à nos ancêtres. L’eau du robinet ne date pour l’essentiel que de la seconde moitié du XXe siècle. On a peine à imaginer, quand on tourne un robinet, ce que pouvait être la corvée d’eau auparavant ...
Que l’eau vienne de la mare, du puits ou d’une fontaine, transportée avec des seaux ou avec des brocs, la corvée était la même, été comme hiver, pour les femmes et les enfants. Synonyme d’hygiène, l’eau l’est également de sécurité. En effet, durant les deux incendies importants qui ont dévasté Buchy le 24 juin 1696 et en juillet 1709 (30 maisons y furent détruites), la présence d’eau dans la commune a sans aucun doute joué un rôle considérable dans leur extinction.

Lors des travaux de voirie et de réaménagement du bourg en 2010, le puits communal fut redécouvert en plein centre-bourg à l’angle de la place Persac et des routes d’Argueil et de Forges. A cette occasion, il semblait intéressant de lancer quelques recherches sur cet élément du patrimoine bucheois remis en valeur depuis…

Dans une lettre adressée au Préfet le 12 aout 1837 par M. Grégoire, architecte principal du Département (à l’occasion d’une autorisation pour la commune de Buchy de faire procéder à des travaux de restauration du puits communal), ce dernier est déclaré ancien et creusé d’après un édit de François Ier. En classant les registres du Parlement de Normandie, M. de Beaurepaire (archiviste aux archives de la Seine-Inférieure entre 1851 et 1905) avait rencontré la mention d’un édit du roi François Ier, par lequel sont enjoints tous les habitants du Pays de Caux de faire un puits dans un lieu commun, et datant d’août 1540 (année de grande sécheresse) – il doit s’agir de ce document. Cela tendrait à prouver son existence depuis près de 480 ans !
Il est encore représenté sur un plan daté d’environ 1725 puis bouché avant 1789, parce que la commune ne possédait aucun revenu pour y faire les réparations nécessaires.

Quelques années de sécheresse se sont faites sentir, et les habitants, privés de citerne, manifestèrent le désir de le rendre à son usage primitif. En 1828, la municipalité décide de la réouverture du puits avec l’autorisation du Préfet ; elle porte l’allocation d’une somme de 800 francs pour les travaux de déblaiement. Le 15 mars 1828, le maire de Buchy fait savoir au Préfet par une lettre, que la municipalité a procédé à la vente de l’arbre qui avait été anciennement planté sur l’ouverture du puits (lequel a été arraché le lendemain de cette vente).
Par suite de quoi, la réouverture du puits a pu être effectuée. Durant cette dernière, un ouvrier y est descendu et a pu observer que la muraille était restée en bon état. Lors du curage, le volume des terres inondées qui a été retiré était conséquent : en effet, sur une profondeur de 200 pieds, il était estimé à 120 pieds de terres et immondices à dégager ! Pendant la sécheresse de 1833, l’autorité locale avait fait placer provisoirement sur le puits, une charpente, un traille, une corde et une seille afin que les habitants puissent y tirer de l’eau.
A proximité de ce puits, se trouvait une mare publique, qui depuis a été remblayée (derrière l’actuel monument du docteur Persac). Un arrêté de police pris le 12 aout 1835 par M. Bobée, alors maire de Buchy, approuvé par la suite par le Préfet, fait connaitre combien il est important pour le bourg, de conserver les mares publiques pour les cas d’incendies, comme pour les usages domestiques. Il sera pourtant par la suite, un des principaux demandeurs du comblement de la grande mare.
En effet, en 1839 (délibérations du conseil municipal des 1er et 3 aout 1839), certains habitants de Buchy demandèrent au Préfet, le comblement de la grande mare, sous prétexte qu’elle était devenue un véritable « cloaque », source d’épidémies, et son remplacement par un abreuvoir creusé sur une partie du terrain qu’offrait alors gratuitement M. Buée.

D’autres habitants (au nombre de 70) s’étant opposés à cette mesure, et menés par M. Wilhorgne (ancien maire de Buchy de 1812 à 1815), le Préfet ordonna une enquête qui fut favorable provisoirement aux opposants du projet. M. Wilhorgne ira même jusqu’à fournir un tableau des âges des habitants ayant vécu à proximité de la mare, pour attester qu’ils avaient vécu au-delà de 77 ans !!!
Dans une délibération du conseil municipal du 10 mai 1850, des travaux sont prévus sur la mare publique dite « la mare plate ». Les murs y sont dits faits de cailloux et mousse, mais sont détériorés. A cause de cette détérioration, une partie de la haie vive entourant la mare, est tombée. Le conseil décide de réparer cette haie et de refaire les murs à neuf en ciment. La mare n’apparait cependant plus sur des plans du bourg en 1853 et 1854. Elle a du tout de même être comblée vers 1852-1853 au profit d’une nouvelle mare, route d’Argueil, comme projeté sur le plan de 1841 (voir sur le plan précédent en jaune).

En 1852, les travaux de la nouvelle mare seront exécutés et les murs faits avec de la maçonnerie de grés garnis de cailloux (grés provenant de la démolition du mur de la mare de l’église), avec une cinquantaine de centimètres d’épaisseur (devis par l’entrepreneur M. Voisin, maçon à Estouteville-Ecalles).

Pour en revenir au puits, un devis fut dressé le 15 juin 1852 par l’architecte Dauphine, au sujet d’un appareil élévatoire des eaux du puits communal (2 corps de pompes qui devaient puiser 6 litres d’eau par minute). L’architecte avait demandé au sieur Granger, ingénieur mécanicien, demeurant à Rouen (puis par la suite à Fontainebleau), d’exécuter ce système.
Ce dernier avait pris l’engagement d’exécuter les travaux moyennant une somme de 1121,40 francs. Dans le devis, sont énoncés des travaux tels que maçonnerie intérieure, margelle, charpente destinée à recevoir l’appareil qui restent à la charge de la commune sous la surveillance de l’architecte.
Au mois d’aout 1854, le mécanisme est installé, mais on s’aperçoit que les tiges des pistons, au lieu de descendre librement en vertu de leur poids, exigeaient une grande force de refoulement et absorbaient ainsi presque toute la force motrice… Par la suite, on fit procéder à des modifications par Granger, mais l’appareil ne fonctionnait toujours pas…
Lors d’une délibération du conseil municipal du 5 aout 1856, sous l’impulsion de M. Loursel, maire de Buchy, le conseil supplie le Préfet d’autoriser la commune à poursuivre M. Granger. Une séance extraordinaire du conseil municipal a lieu le 19 octobre 1856 en vertu de l’autorisation de Monsieur le Préfet, afin de prendre une nouvelle délibération, par laquelle il motivera la demande d’autorisation de poursuivre monsieur Granger pour la mauvaise exécution et l’insuccès de l’appareil élévatoire. Le conseil déclarera alors que son opinion est de laisser décider le conseil de Préfecture.
Enfin, la délibération du conseil municipal du 10 aout 1857 tranchera: par arrêté du conseil de Préfecture, il avait été enjoint au sieur Granger de faire fonctionner l’appareil par lequel il avait promis de fournir de l’eau à la commune. Quel fut l’effet d’un tel arrêté ? Nous ne le savons pas pour le moment. Il faudrait aller plus loin dans les recherches pour savoir ce qu’il advint de la situation de ce M. Granger….
Quoiqu’il en soit, pour utiliser le puits communal, il fallait donc faire enlever cet appareil ; le conseil municipal prendra logiquement la décision de le retirer afin de laisser le libre accès au puits.

L’eau allait être de nouveau sujet de débats durant les années qui suivirent. Et ce durant une nouvelle délibération du conseil municipal, le 7 novembre 1865 : la maison d’école des garçons est privée d’eau, on est obligé d’aller en chercher chez des voisins. Une citerne serait indispensable pour le service en pensionnat. On vote alors la dépense d’une citerne de 150 hectolitres.

Puis, c’est pendant la délibération du conseil municipal du 14 mai 1870, que M. Guest, notaire à Buchy, expose qu’un certain nombre de citernes du pays manquent d’eau en temps de grande sécheresse, et que le puits d’une profondeur de 60 m n’est alimenté que par des eaux chargées de dissolutions de carbonate de chaux. Elles sont donc impropres à presque tous les usages. Un projet de citerne devant la mairie existait depuis longtemps ; d’une capacité de 300 kilolitres environ, elle devait être alimentée par les eaux de la toiture des halles et de la mairie. Mais M. Guest doutait de la pureté de ces eaux. Il rédigea à cette époque, un mémoire de 7 pages sur les moyens de fournir de l’eau au bourg de Buchy.
Deux méthodes se présentaient selon lui : des puits à l’extérieur du bourg ou l’emploi du puits actuel dans son enceinte.
Pour la première, il engagea alors le conseil à faire un sondage dans un vallon situé au bord de la route de Buchy à Blainville, au bas de la côte existant à la sortie du bourg. Un puits y serait percé et serait à 800 m en ligne droite de l’église. Si on n’y trouvait pas d’eau, on pourrait essayer un peu plus loin, près des ruines du Grand Besle, à 1200 m de l’église. Une machine à vapeur conduirait alors l’eau à Buchy. Le coût en fut estimé à environ 15000 à 20000 francs, avec un entretien annuel de 1200 francs. Ce dernier coût pourrait être en partie couvert par des abonnements d’habitants usagers.
Pour la seconde, Buchy étant situé à environ 50 m au-dessus des vallées avoisinantes où émergent des sources, M. Guest supposait l’existence, entre 62 et 63 m de profondeur, d’une nappe d’eau ou de sources alimentées par cette nappe. Il aurait alors suffit, selon lui, de creuser les 2 ou 3 mètres supplémentaires dans le puits, pour voir apparaitre une source d’eau de qualité et abondante. Pourtant, il ne garantissait pas le succès de cette opération… Après les deux emplacements proposés et cités un peu plus haut, cette solution de l’emploi du puits communal lui semblait plus économique en y prévoyant l’établissement d’une pompe à bras. Mais par rapport à un usage d’une machine à vapeur pour le refoulement de l’eau jusqu’à Buchy dans le premier cas, la quantité d’eau disponible serait bien moindre dans le second … De plus, il lui semblait qu’une machine placée à l’orifice du puits, dans le bourg, fonctionnerait difficilement et nécessiterait une force et un entretien considérables pour donner un volume d’eau égal à celui de la machine à vapeur.
La « mésaventure » de la pompe à bras de M. Granger, 16 ans auparavant, avait certainement servi de leçon !
A l’issue de ce conseil municipal du 14 mai 1870, il fut décidé de voter une somme de 500 francs pour commencer les sondages et le notaire Guest adressa un courrier au Préfet de la Seine-Inférieure le 20 mai suivant, afin de lui demander l’avis de l’ingénieur départemental des Mines ou de celui des Ponts et Chaussées.

Pourtant, c’est vers un autre lieu extérieur au bourg, que le choix se porterait plus tard … En 1876, le conseil municipal, avec à sa tête le Docteur Persac, décide de doter le bourg de l’adduction d’eau. Le puits a certainement été rebouché à partir de cette époque puisque la solution d’approvisionnement extérieur au bourg avait été choisie. Le propriétaire du moulin d’Héronchelles de l'époque, M. Arsène Leballeur, licencié en droit, Conseiller Général du canton de Buchy, le vendit en 1889 à M. Régulus Persac (1831-1900), médecin officier d'Académie et Maire de Buchy. Ce dernier fut le fondateur du système suivant (la ville de Buchy a d'ailleurs érigé en hommage au Dr Persac un buste sur la place publique portant son nom (inauguration le 22 septembre 1901)) :
En 1889, furent installées dans ce moulin, deux pompes aspirantes et refoulantes ainsi qu'un puisard d'aspiration destinés à refouler à Buchy l'eau de la source de M. Leballeur. L'eau partait d'une source située dans une ferme proche du moulin, captée et amenée par une tuyauterie longeant la rivière, et passait sous le canal alimentant la roue. Ensuite, elle se déversait dans le puisard et était aspirée, puis refoulée dans une tuyauterie en fonte longue de 8km reliant Buchy. A cette époque, Buchy a été l'un des premiers bourgs à avoir l'eau potable sous pression ainsi que le château d'Héronchelles, l'une des fermes avoisinantes et le moulin par lui-même. L’installation de ce système de pompage (visible en partie de nos jours sur la place Persac) a fonctionné de 1889 à 1973, soit 84 ans de bons et loyaux services ! De nos jours, l’eau potable de Buchy provient du bassin d’alimentation de captage de Béthencourt à Sigy-en-Bray (gestion par le S.I.A.E.P.A. de Sigy).

Alors vous qui avez l’habitude de déambuler parfois place Persac, n’oubliez pas que cet endroit a joué un rôle primordial dans l’histoire de Buchy !... Que ce soit pour abreuver les animaux les jours de marché, pour éteindre un incendie, pour leurs besoins journaliers ou d’autres travaux, nos anciens bucheois avaient compris que l’accès à l’eau était un privilège. Et comme dit le proverbe anglais : « Nous ne connaissons la valeur de l’eau, que lorsque le puits est à sec » …

Numro du petit patrimoine : 76146_1


























Des plantes poussent dans le puits












 
Localisation de la commune :

 
 
   
       
Dans le mme canton de Buchy
A Bois-Guilbert, Le pigeonnier du domaine de Bois-Guilbert.
A Boissay, La croix du Thil
A Ernemont-sur-Buchy, Couvent
A Boissay, Le colombier de Boissay
A Saint-Germain-des-Essourts, La chapelle Sainte-Austreberthe